Télémètre de 1 m modèle 1912, Barr et Stroud

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Un télémètre fonctionne sur le principe de la vision binoculaire, un des éléments essentiels du phénomène physiologique complexe permettant de situer dans l’espace les objets qu’on regarde avec les deux yeux.

Cette distance de 6 cm entre les deux yeux sera donc accentuée grâce à un jeu de prismes et de renvois, les télémètres seront donc désignés en fonction de la largeur qu’il y a entre les deux objectifs de sortie, la base, soit 80 cm, 1 m et même 3 m pour la DCA et la marine. Plus la longueur est grande et plus la lecture de la distance sera précise, il en sera de même pour le grossissement (30X étant reconnu comme un maximum pour avoir une observation stable).

Pour mesurer la distance d’un objet, il suffira donc de le viser dans le télémètre, puis de déplacer le réticule mobile jusqu’à ce que l’image stéréoscopique du repère paraisse être à la même distance que l’image stéréoscopique de l’objet visé. La mesure du déplacement donné au micromètre mobile, à partir d’une position initiale déterminée, donnera la distance : tel est le principe du télémètre stéréoscopique à repère mobile.
Avant la guerre, de tels instruments avaient été étudiés en Allemagne chez Zeiss et en Angleterre par Barr and Stroud.
Mais au moment où la guerre éclata, on ne fabriquait pas en France d’appareils de ce genre. Le premier télémètre français sera produit par la SOM (Société d’optique et de mécanique) sous le modèle 1925.

C’est à propos de l’étude des problèmes de tir soulevés par l’artillerie aérienne ou anti-aérienne, que la nécessité du télémètre stéréoscopique apparut; le seul bon télémètre alors existant était le télémètre à coïncidence Barr and Stroud qui, dans le tir contre objectifs mobiles, était inutilisable.

Un télémètre permet non seulement de mesurer une distance, mais encore de lire cette distance directement sur l’appareil, sans que l’observateur n’effectue aucun calcul.
Le télémètre peut être utilisé soit en position debout, fixé sur son pied qui porte un dispositif à rotule : le télémètre peut ainsi prendre n’importe quelle position : horizontale ou verticale. On peut également se servir du télémètre en position couchée.
Le télémètre est transporté dans un étui en cuir cylindrique sur lequel vient de fixer la mire de réglage.
Ce télémètre de base 1 m permet des lectures de distance à partir de 500 m.

Pour le matériel présenté :

Ce télémètre est bien conservé, il présente son cuir et sa peinture d’origine. Tous les réglages sont parfaitement fonctionnels.
Malheureusement il ne possède pas son étui, ni son pied avec son support de fixation.


Trépied modèle 1912 pour télémètre de 80 cm, principalement utilisé par les compagnies de mitrailleuses.
Ce trépied est construit de la même façon que le trépied à douille modèle de 1912 (utilisé pour les LVM et LVB).

Les branches en bois double de ce trépied sont divergentes, elles présentent une largeur plus importante et coulissent l’une dans l’autre en se bloquant grâce à des colliers métalliques munis d’une vis de serrage, ces branches se réunissent au niveau du plateau métallique munie d’une rotule accueillant le système de fixation du télémètre. Cette rotule permet de mettre le télémètre en position horizontale ou verticale.

La grosse molette de devant, sert à incliner le télémètre pour corriger la déclinaison du terrain et peut-être orienté vers le ciel en situation anti-aérienne.

Pour le matériel présenté :

Ce trépied de télémètre est bien conservé, il présente en grande partie sa peinture d’origine. Il a été fabriqué par Morin dans les ateliers de Puteaux.
Ce trépied n’est pas utilisable avec un télémètre de 1m, car son système de fixation est bien plus petit ; ici une petite pièce a été réalisée pour permettre son adaptation.

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